Tchad | Toutes les activités à caractère festif sont interdites

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TOL PRESSE DU JEUDI 28 FÉVRIER 2013 – Publié le : 28 FÉVRIER 2013 à 00 h 07
mariage tchad--27-02-2013 18-20-39
Le chef de l’Etat, Idriss Déby, a pris un décret consacrant le 1er mars 2013 journée nationale de deuil en la mémoire des militaires tchadiens tués au Mali. Le décret précise que la journée sera chômée et payée pour tous les travailleurs. Merci, Déby ! En règle générale, une journée de deuil national n’est pas forcément chômée, moins encore chômée et payée.
Mais les Tchadiens ne doivent pas cracher dans la soupe, surtout que d’habitude ils travaillent sans être payés. Et quand ils le sont, c’est soit à coup de lance-pierre ou à hauteur de quelques misérables francs Cfa pendant que les membres de la famille d’Idriss dépensent des centaines de milliers d’euros dans des cérémonies festives si ce n’est tout simplement dans des discothèques partout dans le monde.
Les travailleurs ont donc intérêt à rester chez eux et profiter d’un long week-end pour se ressourcer sans perdre un seul centime pour la demi-journée du vendredi 1er mars. Ceux qui préféreront flâner dans les rues pourront en profiter pour contempler les drapeaux qui seront « mis en berne », selon le même décret.
Jusque-là, rien d’anormal.
Ce qui est abusif, c’est l’interdiction, faite par ce décret, de « toutes les activités à caractère festif » durant cette journée nationale de deuil. En d’autres termes, ceux qui ont prévu de longue date de célébrer ce 1er mars 2013, mariage, baptême, circoncision, anniversaires, etc. doivent impérativement reporter la date aux calendes grecques quand bien même ils auraient déjà engagé d’énormes dépenses pour les préparatifs. Sauf s’ils consentent à écouter « les musiques militaires, religieuses et les prières« , seules autorisées par le fameux décret.
Mais pourquoi tout cela ? Les Tchadiens n’ont-ils plus le droit de jouir de ce « cadeau » qui n’est « ni or ni argent » pour lequel Idriss s’est battu et dont, selon Samir Adam Annour, il porte encore aujourd’hui les stigmates dans sa chair ?
Où l’on voit que chaque jour que Dieu fait, la dictature gagne du terrain dans notre pays. Idriss Déby bafoue impunément toutes « les libertés d’opinion, de conscience, d’association, de réunion, de manifestation, etc. » reconnues à tous et garanties par la Constitution. Le pays lui appartient. Les Tchadiens sont ses sujets. Jusqu’ à quand ?
© Tchadoscopie

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