TCHAD-ONU: A l’ONU, lors de l’examen du projet de création de la force militaire pour le sahel, plusieurs pays demandent la mise à l’écart du TCHAD.

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TOL presse du lundi 19 juin 2017 – Publié à 01:08

Nouvelle claque pour le régime d’Idriss Deby. En effet, il y a quelques jours, aux Nations Unies, lors de l’examen du projet de résolution portant création d’une nouvelle force militaire pour le Sahel de presque 10.000 hommes, pour remplacer l’Opération Barkhane dans sa mission de lutte contre le terrorisme, le pouvoir d’Idriss Deby a été cloué au pilori par plusieurs pays.
En présentant le projet de résolution, la France souhaitait pour des raisons financières faire passer cette force sous l’égide de l’ONU et partant, avoir le financement des pays comme les États-Unis, la Grande Bretagne et autres… Comme chacun le sait, cet examen n’a pas été facile, les Américains et les Britanniques ont refusé d’accepter le projet tel qu’il  était présenté. La question de la définition de la mission de cette force a posé problème : la France veut en faire une force de combat contre les djihâdistes où qu’ils se trouvent et d’élargir ce combat à tous les trafics dans le Sahara. Cela n’a pas été accepté. Une nouvelle mouture sera proposée en début de semaine prochaine.

Ce qui est important, c’est que lors des discussions autour de la composition de cette force militaire pour le Sahel, plusieurs pays et des voix au sein du staff de l’ONU se sont élevés pour demander la mise à l’écart du Tchad.
Plusieurs arguments ont été avancés: Tout d’abord, l’Armée Tchadienne, le Contingent  tchadien de la MINUSCA et 80 éléments Zaghawa appartenant à la Garde Présidentielle d’Idriss Deby,  envoyés en RCA pour être au service de Bozizé, ont été mis en accusation pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et viols par le Haut Commissariat des Nations Unies et doivent être jugés devant la Cour Pénale Spéciale pour la RCA selon  la Résolution du Conseil de Sécurité des Nations qui l’a créée et a défini sa mission. Comment, dès lors, peut-on intégrer de nouveau dans une mission et sous le drapeau des  Nations Unies une telle armée ?

Ensuite, l’autorité politique, à savoir le Chef de l’Etat (Idriss Deby) qui est censé signer l’acte d’engagement de son armée auprès des Nations Unies, est, lui aussi, expressément  accusé dans le Rapport de l’ONU sur les crimes commis en RCA, au titre de sa responsabilité de Supérieur Hiérarchique, étant Chef Suprême des Armées selon la Constitution Tchadienne. Il n’a, par conséquent, ni la crédibilité ni la dignité pour accomplir cet engagement.
Enfin, récemment, alors que les Nations Unies n’avaient rien à se reprocher dans le non paiement des salaires et primes du contingeant tchadien participant à la MINUSMA au Mali, Idriss Deby – mécontent des accusations graves portées contre lui et son armée dans le Rapport du Haut Commissariat des Nations Unies – a donc réagi et poussé les éléments des forces tchadiennes appartenant à la MINUSMA retournés au bercail, à manifester violemment contre les Nations Unies, en brûlant tous les symboles de l’ONU à savoir, les bérets bleus, les tenues, les insignes, les drapeaux dans les rues de Ndjaména.
Un membre du staff des Nations Unies a souligné qu’après ces faits graves contre les Nations Unies, cette armée ne peut plus porter à nouveau les couleurs des Nations Unies: «  c’est une bande de tueurs sans formation, ni principe et obéissant aveuglément à leur Chef Idriss Deby; son armée est à son image ! »

Comme on peut le constater, tous les clignotants sont au rouge pour la dictature la plus criminelle du XXIème siècle. Après l’attitude du Président Macron au Mali, le Rapport du Haut Commissariat des Nations Unies sur les crimes de l’armée tchadienne et d’Idriss Deby en RCA, le Canada sur le blanchiment dans l’immobilier des revenus pétroliers détournés, la Suisse dans les magouilles entourant la vente du pétrole tchadien et enfin l’Allemagne qui  a franchi le pas en rayant  le Tchad de son nouveau programme de coopération avec l’Afrique,
les Nations Unies veulent, à leur tour, dégager le Tchad de la nouvelle force militaire contre le terrorisme qui sera positionnée au Sahel. On a ainsi appris que le Sénégal va fournir à lui seul, presque 4.000 militaires et par conséquent, c’est bien autour de ce pays fournissant le contingent le plus important que va se constituer cette nouvelle force. De facto, on peut dire que le Tchad a déjà perdu son rang, et plus que ce rang. Les prochains jours nous édifieront sur cette mise à l’écart du régime Deby au pouvoir depuis bientôt 27 ans, qui est déjà pris au collet de toutes parts. Une chose est sûre, l’exploitation de la lutte contre le terrorisme comme un blanc seing politique, par ce pouvoir criminel et ce satrape sans aucun scrupule, est bel est bien dernière nous.

On constate, alors que les choses sérieuses n’ont pas encore commencé, que les gesticulations désordonnées ont démarré: ainsi, le Ministre de la justice, M. Ahmat Mahamat Hassan, nouveau visage de cette féroce dictature, est monté au créneau pour défendre une cause perdue d’avance, la cause d’un régime qui a transformé le pays en une S.A. familiale selon le bon mot de l’ONG Swissaid.
Le fameux Ministre de la justice, tout empressé et excité à donner des gages de fidélité à son chef, a annoncé une enquête sur les incroyables détournements des deniers publics et leur blanchiment notamment au Canada.
La belle blague! Les enquêtes du régime qu’il défend, tous les Tchadiens les connaissent depuis les assassinats du Président de la ligue des Droits de l’homme Me Joseph Behdi, à ceux de Mamadou Bisso et ses compagnons, à ceux de Guetti Mahamat, Abbas Koti, Laokein Bardé, Moïse Ketté, Ibni Oumar Mahamat Saleh, à  l’affaire Arche de Zoé et tant d’autres. Sans oublier l’affaire Zouhoura et la récente exécution sommaire d’une dizaine de prisonniers par le carré des fidèles d’Idriss Deby et le meurtre d’un militaire au Camp d’Instruction de Moussoro qui a provoqué une révolte des militaires et des affrontements aux couteaux et gourdins. Aujourd’hui, la réalité est que dans les camps militaires, les  soldats sont désarmés sur une base ethnique et seuls ceux du clan des Itno ont des armes pour tuer et massacrer qui ils veulent et en toute impunité. L’autre réalité du Tchad des Itno est que l’ambition rend fou et aveugle… En attendant, on peut faire remarquer qu’avec l’annonce d’une enquête du gouvernement tchadien concernant les frères Bourma, le Ministre de la justice qui l’a officiellement annoncée nous a rendu un bon service et mis les frères Bourma et Cie dans un sacré merdier. Il croyait bêtement que cette annonce allait faire baisser la tempête. Faisons remarquer, premièrement, que  les gens savent qu’il n’y a pas de justice au Tchad, et deuxièmement que son annonce d’une enquête ne va jamais entraîner un dessaisissement des autorités canadiennes et autres.

En revanche, cette annonce officielle d’une enquête gouvernementale va réveiller les fonctionnaires de TRACFIN, mais aussi, va inciter tous les partenaires occidentaux et autres à inscrire – sur leurs listes des personnes suspectées de biens mal acquis, d’opérations de blanchiment – les frères Bourma et Cie qui vont désormais  voir leur vie et leurs activités se compliquer sérieusement dans les mois à venir grâce au zèle d’un Ministre de la Justice qui confond agitation politicienne, communication et élaboration d’une défense.

Quand on est incapable d’écrire une lettre sans commettre des fautes sur presque toutes les lignes, peut-on raisonnablement être capable d’élaborer une stratégie intelligente pour sortir d’affaire les multi-milliardaires proches d’Idriss Deby et de Hinda ? ll n’y a que dans cette République bananière aux mains de nullards et de voleurs, où même les chauffeurs sont nommés par Décret, qu’on peut le croire.

La Rédaction de Zoomtchad.

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